Le manoir de Tal ar Roz au Juch est la demeure familiale des Keroulas depuis bientôt 2 siècles et demi. C’est notre patriarche Ronan Mathurin de Keroulas qui l’a acquis en 1777. Il avait dû flairer la bonne affaire car il y habitait avec sa famille comme locataire depuis plus de 10 ans. D’ailleurs, ses trois plus jeunes enfants y sont nés : Joseph Mathurin en 1768, Marie Louise en 1770 et Aimée Mathurine en 1798 !
Mais le manoir de Tal ar Roz et toutes ses dépendances ont failli quitter définitivement le giron des Keroulas en 1891.

Le manoir de Tal ar Roz tel qu’il devait se présenter à la fin du XIXe siècle.

Une vue actuelle du manoir de Tal ar Roz dans son écrin de verdure.
En page 228 du livre « L’histoire des Keroulas, du Moyen-Âge à nos jours », nous pouvons lire :
Guillaume de Keroulas est l’arrière-petit-fils du patriarche Ronan Mathurin de Keroulas (1730-1810) qui fit l’acquisition du manoir de Tal ar Roz au Juch en 1777. Il appartient à la 13e génération des Keroulas et semble doté d’un fort caractère au point d’avoir entrepris une procédure pour mettre en vente, aux enchères judiciaires, le domaine familial de Tal ar Roz, sans doute dans l’espoir d’obtenir un partage plus favorable de l’héritage de ses parents. Heureusement, ce conflit, comme d’autres, finit par s’apaiser et la plainte est retirée in extremis. Mais l’affaire fit grand bruit à l’époque au sein de la famille et dans le voisinage.
Pourquoi Guillaume s’est-il senti (ou aurait-il été) désavantagé par le partage de l’héritage familial ? Sans doute parce qu’il est le dernier-né des 9 enfants de François Mathurin de Keroulas (1807-1889) et de Jeanne Le Cloarec, son épouse. Guillaume est né en 1848, 21 ans après Marie Jeanne sa sœur aînée et 10 ans après Marie Anne la plus jeune vivante de la fratrie.
La mise en vente de Tal ar Roz est bien réelle, même si elle a paru incroyable pour beaucoup. « C’est une légende, comme il en existe tant en Bretagne ! » a-t-on entendu à plusieurs reprises. Eh bien non ! Elle est la suite du partage des biens du père de famille décédé 2 ans plus tôt en 1889.
La mise en vente par enchères judiciaires était fixée au mercredi 29 juillet 1891 à 11h30 au Palais de justice sur le quai à Quimper, comme le précise la traditionnelle affiche de « Vente par licitation » dont nous reproduisons une copie ci-après. Elle était de trop mauvaise qualité pour que nous puissions l’inclure dans notre livre, d’autant plus qu’il aurait fallu en réduire le grand format d’affiche en page de livre.
Ce document constitue un inventaire précis des biens de Tal ar Roz en cette année 1891. Il permet de connaître le patrimoine et son évaluation de l’époque.
